06 juillet 2008

COUPS DE COEUR N° 25

Voilà bien longtemps que je n'avais noté mes adresses favorites, des recettes et mes livres et disques que je voudrais vous faire connaître. Le temps des vacances m'en donne le loisir alors ne nous en privons pas.
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L'entretien des dieux 
Aurélien Delage, clavecin 
Livre-disque, juin 2008. 
Éditions Les Chants de la Dore, Label 6/8. 
La photo ne rend hélas pas la beauté de cette couverture. imaginez sur une toile blanc cassé l'illustration ( la rosace du clavecin du facteur Emile Jobin ) et le titre embossés en doré. Il fallait ce raffinement pour servir d'écrin au plus somptueux disque de musique baroque de la saison. Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises du jeune Aurélien Delage. Il n'a pas trente ans et c'est déjà un grand. Sans pompes ni fioritures, ce claveciniste élevé à la musique par les plus grands ( Pierre Hantaï, Olivier Baumont, Kenneth Weiss, etc...) nous transporte dans cet enregistrement (son premier en tant que soliste) à la cour du Roi Soleil. Chambonnières, Henry d'Anglebert, François Couperin, les clavecinistes du roi, revivent pour nous dans leurs compositions nées des caprices et de la volonté de Louis XIV et de sa cour. Dans un jeu tout en élégance et finesse, utilisant parfaitement toutes les possibilités du toucher suave et délicat du clavecin (réplique du Tibaut de Toulouse daté de 1691 et reproduit par Emile Jobin), Aurélien Delage parvient à traduire la magie de Versailles à son apogée, la volubilité et le goût mais aussi la force et la grandeur de cette époque. 64 minutes de grand art. Un disque qui devrait devenir une référence. 
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Antonio Vivaldi 
La Senna Festeggiante & Gloria e Imeneo 
The Kings Consort 
Label Hyperion. 
Ce disque splendide présente deux œuvres peu connues du grand public pourtant elles respirent leur auteur. Écrites à la demande de l'ambassadeur de France Jacques-Vincent Languet, comte de Cergy, en 1725 et 1726 pour célébrer la Saint Louis mais aussi le roi Louis XV à un moment où les relations diplomatiques avec la Sérénissime et la France retrouvaient une certaine couleur, elles ont été créées à Venise. Le ministre venait de retrouver son palais de Cannaregio et il voulait donner pour le 25 août une magnifique soirée.  Cet enregistrement - le premier complet - fait surgir toute la grandeur et la magnificence des fêtes vénitiennes de l'époque. Une splendeur ! Les voix sont magnifiques, notamment la soprano Carolyn Sampson, l'âge d'or, l'alto Hilary Summers qui est la Vertu et la basse Andrew Foster-Williams qui interprète La Seine. Brillante orchestration, avec un continuo plein de vie et de rythme. Robert King a choisi dans cet enregistrement d'appliquer la très colorée partie des cordes que Vivaldi ajouta par la suite. La deuxième œuvre présentée, Gloria e Imeneo (Gloire et Hyménée) a été composée pour le mariage de Louis XV avec Maria Leszczynska. Jouée à Venise en septembre 1725 dans une loggia construite pour l'occasion au fond du parc de l'ambassadeur. Pour la petite histoire, le bâtiment existe toujours, mais plus les jardins lotis depuis longtemps. La mezzo-soprano Tuva Semmingsen et l'alto Hilary Summers font des merveilles dans cette partition. 
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Risotto 
Laura Zavan 
Editions Marabout 
Un livre superbe écrit par la vénitienne devenue parisienne d'adoption qui a publié de nombreux ouvrages sur la cuisine italienne et particulièrement sur celle de sa région. Un ouvrage indispensable pour les gourmands et ceux qui aiment cuisiner. Fantastique risotto : avec un kilo de riz rond acquis pour quelques euros et des produits de tous les types on parvient rapidement et à peu de frais à un résultat souvent merveilleux : le risotto aux artichauts ou aux asperges, le risotto au champagne, le risotto aux champignons, au poulet, aux écrevisses, etc...
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Ostaria da Rioba 
Cannaregio 2553, 
Fondamenta de la Misericordia, 
angle de la calle Larga. 
Tél. 041 524 43 79. 
Fermé le lundi. 
Près de l'atelier du Tintoret et du palazzo del Camello, non loin du Paradiso Perduto, ce restaurant est très apprécié par les vénitiens et les touristes qui s'aventurent dans le quartier n'y trouveront guère à redire. Le cadre est agréable, tranquille. Le service correctement attentionné, sans affectation ni rudesse. Les plats sont bons et à base de produits frais, essentiellement des poissons de la lagune. Les entrées sont soignées tout comme les desserts. L'addition reste raisonnable aux alentours de 25 à 35 euros par personne. Leur Moscato comme leur Soave valent le détour. 
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Bussolai di Burano 
Ma grand-mère les appelait "biscoccico". La recette est presque toujours différente dans chaque famille. mais la base reste la même. Ces biscuits ronds en forme d'anneaux qu'on vendait autrefois entassés sur des piques en bois sont typiques de la lagune et la recette remonte aux premières années du XVIIIe siècle. Goldoni s'en régalait autant que Casanova. Ceux de Chioggia sont moins sucrés que ceux de Burano et les meilleurs que j'ai jamais goûté - avec ceux de ma grand-mère - sont confectionnés par une religieuse d'un couvent de Venise. Je ne vous en dirai pas plus... 
Ingrédients : 500 à 600 gr. de farine, 3 œufs, 200 gr. de sucre (cassonade ou sucre glace selon les goûts), 150 gr. de beurre ramolli, 1/2 tasse de jus d'une orange, le zeste d'un citron, 1 sachet de levure (j'utilise de la Baking powder), une pincée de sel, 1 verre d'eau tiède. 
Commencer par mélanger les jaunes d’œuf avec le sucre jusqu'à former une pâte blanche bien homogène. Dans une grande jatte, mettre la farine et la levure, ajouter le sel, le beurre en morceaux, le zeste et le jus d'orange. Quand la pâte est homogène, ajouter le mélange œufs - sucre. Pétrir jusqu'à obtention d'une pâte qui ne colle pas aux doigts. Si l'appareil est trop friable, ajouter un peu d'eau tiède. 
Mettre en boule et laisser reposer dans un endroit frais. Étendre la pâte en boudins de l'épaisseur d'un petit doigt. Former des anneaux liés avec un peu d'eau. Les disposer sur une plaque huilée, en prenant soin de laisser un espace entre eux. Cuire à four chaud (180°) pendant 15 à 20 minutes. Il faut faire attention à les sortir du four quand ils sont encore un peu mous car ils durcissent en refroidissant.

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En coup de vent et sous la pluie

Infernal ce temps. Il fait atrocement chaud. pas un souffle de vent. Puis soudain la pluie qui tombe. Des hallebardes. Cela n'empêche pas les touristes de déambuler partout se répandant dans les ruelles comme des fourmis. Amusant ces cirés aux couleurs fluos et toutes ces ombrelles - pardon, ces parapluies - écossaises ou multicolores achetées à la hâte chez des boutiquiers avisés qui en ont toujours en réserve. Venise est engagée dans la pleine saison touristique. Comme un proverbe. Vous savez du genre "au Canada, il y a deux saisons, le mois de juillet et l'hiver". Ici on pourrait dire dorénavant, "à Venise, il y a deux périodes, le mois de novembre et la saison touristique". méchante langue fielleuse que la mienne. Si la foule déambule sans répit sur la Toletta, notre jardin reste paisible. Passage rapide dans la cité des doges. Quelques jours trop vite passés. Juste ce qu'il faut pour s'imbiber à nouveau de l'air et des parfums qui sont ma drogue, mon oxygène. Quelques emplettes. Deux ou trois visites à des amis. L'habituelle rencontre chez le notaire chez qui rien ne bouge ni n'avance vraiment. Cicheti et vino grigio pour faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il va falloir trouver à nous reloger quand nos pas pas, par bonheur, nous portent vers Venise. Carpe diem. Nous verrons bien. A la rentrée sans doute. 
En attendant, je remarque de jolies restaurations qui compensent de nouvelles dégradations. Certaines sculptures que j'aimais montrer aux enfants sont maintenant méconnaissables. Un tas de pierre blanche difforme, rongée par les acides qui se répandent dans l'air. Perte irréversible. Qui ira remodeler ces visages nés du ciseau d'un artiste de talent au XVe ou au XVIe siècle ? Les tables aussi changent. Décidément cette amie américaine a raison qui prétendait que Venise bouge aussi vite que New-York. Je n'étais pas retourné au Banco Giro depuis longtemps. Agréables changements. Délicieux moments en compagnie de vieux amis. Emplettes amusantes pour faire des cadeaux chez Sonnenblume la boutique de Renato Gastaldi sur le pont du Rialto. Ces pantoufles de toutes les couleurs répliques modernes des chaussons que portaient les dames frioulanes (et qu'ont ensuite adopté les gondoliers). Il faut que je vous en reparle. 

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