Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du avril, 2011

Rencontre avec d'autres (talentueux) Fous de Venise

Savoir voyager c'est appliquer à la lettre la formule de Jean-Paul II qui sera béatifié à Rome, le 1er mai prochain, "N'ayez pas peur" (c'est d'ailleurs, pour ceux qui s'en souviennent, sur ces paroles que la journaliste de la radio suisse romande qui m'interviewait un jour avait commencé son reportage). Le touriste façon Montaigne ou Stendhal n'a rien à voir avec le gogo qu'on trimballe en masse compacte d'autocar à air conditionné en bateaux-mouches pressurisés avec commentaires pré-digérés, ânonnés machinalement par une hôtesse à la voix sirupeuse et au cerveau de poule (et ce dans toutes les langues du monde). Non le vrai voyageur c'est avant tout un être raffiné et heureux, ouvert à toutes les aventures esthétiques, dénué de tout a priori, réservé mais pas méfiant, parfois sarcastique mais jamais catégorique.  Bref, le touriste (appelons-le "voyageur") n'est pas une espèce en voie de disparition, mais il …

Venise, précurseur du monde moderne

Le Moyen Âge. Partout en Europe, la féodalité régit les rapports sociaux : les seigneurs imposent leur loi et décident des taxes et impôts, pillages et rançons. Difficile dans ces conditions d'organiser le commerce international et d'assurer la protection des marchands vénitiens. La République chercha naturellement la protection du pape, de l'empereur ou des rois, reconnaissant ainsi la suprématie de leur pouvoir sur les chefs féodaux. Comme le souligne Jean-Claude Hocquet "Là encore Venise montrait la voie" (dans son ouvrage Le sel et la fortune de Venise). "Les hommes de ce duché auront licence de voyager par terre ou par les fleuves dans tout notre royaume, les nôtres auront semblable licence et par mer jusqu'à vous mais pas plus loin." Cette phrase du traité régissant les privilèges de la République de Venise, qui fut rajoutée en 1095 par le roi d'Italie et empereur du Saint empire germanique, Henri IV, après un long travail de lob…

Risi Bisi, la recette du 25 avril

Savez-vous qu'au XIXe siècle, le slogan "RISI BISI E FRAGOLE" (allusion aux trois couleurs du drapeau), fut à Venise l'équivalent du "VIVA V.E.R.D.I." (qui tout en fêtant le compositeur, signifiait Vittorio Emmanuele Re d'Italia), cri d'hostilité souvent poussé contre les occupants autrichiens qui ont mis bien du temps à comprendre. Mais laissons-là l'histoire et passons à la recette.

Il va vous falloir 400 gr.de riz vialone pour 500 gr. de petits pois frais, 100 gr. de pancetta taillée en dés, un oignon et du persil hachés, du beurre frais, de l'huile d'olive, 2 litres de bouillon de légumes, du parmesan fraîchement râpé, bicarbonate de soude, sel et poivre.

Faire un bouillon de légumes avec les cosses des petits pois, un poireau, un navet, une carotte, un brin de cerfeuil, des herbes et si vous en avez un os de jambon. Réservez. 

Faire revenir la pancetta et l'oignon dans du beurre et de l'huile, ajouter les petits pois quand l&#…

Venise fête le 25 avril en grande pompe et gourmandise

Cette journée du 25 avril a pour les vénitiens une signification particulière. Outre la commémoration de la Libération de l'Italie, journée de la mémoire où les hommes de tous âges offrent à leurs épouses, leurs mères, leurs amies, un bouton de rose, c'est le jour où la ville fête Saint Marc, son saint patron. Au menu, outre les hommages aux morts, les gerbes de fleurs et les défilés militaires, la dégustation du traditionnel "Risi Bisi", la Régate des Traghetti et de nombreux "brindisi" . La journée commencera à 9 heures 30, Piazza San Marco où les couleurs seront hissées sur les trois grands mâts de bois sculpté qui portaient autrefois, du temps de la République, les oriflammes des colonies soumises à Venise. Les honneurs seront rendus par des soldats des trois armes en présence des autorités civiles et religieuses. Ce sera ensuite la minute de silence et le dépôt de la traditionnelle couronne de lauriers au monument aux morts du Campo S. Mar…

San Salvador : vues

Itinéraires : L'église San Salvador.

C'était dimanche dernier la fête des Rameaux. Belle messe au couvent des Dominicains. Longue procession sous un soleil ardent. Beaucoup d'enfants et de jeunes. Une impression de profonde sérénité. Joie d'entendre ce beau choral de Johan Sebastian Bach. La fin du Carême et le début de la La Semaine Sainte. Le rideau s'entrouvre sur la joie de Pâques. Le triduum pascal. Mais avant de fêter la résurrection du Christ, il y a le temps de la Passion. 
La tradition à Venise veut que l'on accomplisse, l'après-midi du vendredi saint une visite aux sept sépulcres. La foule des fidèles vient se recueillir devant les sépulcres éclairés par une forêt de cierges et ornés de gigantesques gerbes de fleurs dressées en forme de croix posées sur le marbre des sept églises, dans un nuage d'encens : les Frari, Sta Maria Mater Domini, S. Giovanni Crisostomo, Sto Stefano et San Barnaba. Le célèbre roman de Pasinetti, Rouge vénitien, s'ouvre sur une description de cette habitud…

La magie d'une fin de voyage. Les derniers kilomètres.

Le train a franchi la lagune, glissant sur le pont, interminables dernières minutes de voyage. Les vestiges des usines de Marghera qui brillent au soleil comme de l'acier, le parfum de l'eau, plus tout à fait celui d'un fleuve et pas encore celui de la mer. Indéfinissable senteur. Pourtant quelque chose se répand dans l'air qui appelle au large. Le train va bientôt entrer en gare et les voyageurs ont la sensation de commencer leur voyage. Un mirifique voyage dont on attend mille découvertes. Le train siffle et ralentit. C'est l'entrée en gare. Venezia-Santa-Lucia. Terminus. A la lumière pimpante des abords de la ville succèdent les sombres allées couvertes qui mènent vers le hall. Au fond de cette immense salle pavée de marbre, la lumière de nouveau. Et l'aventure, la découverte à chaque fois renouvelée de Venise et de sa magie. Snow Patrol interprète Chasing cars qui rythma les derniers mètres d'un de mes récents voyages.

Rien de bien passionnant mais le soleil brille

"She's leaving home" chantent lesBeatles sur BBC Radio 2, une de mes chansons préférées. Je suis loin de Venise mais la lumière qui envahit mon bureau, ce soleil ardent d'avril, cette musique, la tasse de thé fumante avec les biscuits sablés sans lesquels mon builder's tea ne ressemble à rien, et la carte postale de mon filleul Félix où, avec son écriture un peu malhabile de petit garçon, il me raconte sa découverte de Venise (qu'il écrit joliment avec un "z"), postée de Bologne, tout pourrait être transposé là-bas. Comme à Venise, le rayon de soleil qui éclaire la table de bois ciré fait danser des milliers de petits grains de poussière, la chope bleue remplie de ce délicieux liquide couleur caramel (le builder's tea est un mélange de Ceylan, Kenya et Assam je crois, qui se boit très fort avec du lait et du sucre) est la même que celle que j'utilise quand je suis vénitien et les livres qui m'entourent ici parlent tous de la…

Promenade

Voir Venise depuis un bateau, quand le temps se fait doux et la lumière radieuse... Crédits photographiques © Anna Cesca