30 mai 2011

Venise en 20 bonnes adresses par Christophe Barbier pour l'Express


Christophe Barbier, le fringant éditorialiste de l'Express est un amoureux de Venise, fin connaisseur de la ville et de ses arcanes. A l'occasion de la LIVe Biennale d'Art Contemporain, il publie ce soir un article sur les bonnes adresses de Venise. Tramezzinimag ne partage pas toujours les mêmes enthousiasmes pour certains des lieux indiqués, trop souvent dénaturés par la présence touristique, ou pour être plus direct (et ne pas froisser certains lecteurs) par l'omniprésence des parisiens qui semblent désormais y passer leur vie - mondaine, cela s'entend ! Voici l'intégralité de son texte.
Venise n'est pas une ville, c'est une idée. L'idée que l'on se fait du temps qui passe, comme coule l'eau du Grand Canal. L'idée de la beauté, immarcescible et toujours surprenante. L'idée de l'Histoire, parfois immobile en ses pierres. L'idée, enfin, que l'on se fait du hasard, donc du destin. Car il n'est pas de meilleure façon de découvrir Venise et, mieux, de se l'approprier, que de s'y perdre. A rompre les rangs dans les artères à touristes, sécures autoroutes, on gagne le droit d'être perdu, donc d'être libre. Alors s'offre une Venise inédite, qui oublie d'être sérénissime pour se faire mystérieuse. Avec le fil de ces errances, on tisse un fin maillage de raccourcis précieux et de détours délicieux, on veille à traverser un campo apprécié ou à arpenter une calle oubliée. On s'enivre alors d'un zigzag savant derrière son air d'improvisation, on se prend pour un vétéran gondolier, on se croit chez soi. 

Être chez soi à Venise, c'est aussi cultiver sa plate-bande de bonnes adresses -les jeunes disent "de bons spots". Les terrasses les plus agréables selon les heures du jour. Les meilleures pizzas. Les pâtes à se damner. Les seiches les plus fraîches. A Venise, rien ne distingue une gargote pour estivants d'un restaurant inoubliable: il faut connaître... Se risquer au hasard, au vu de la densité de restaurants au canal carré, c'est courir à la mésaventure. Un truc: si l'on ne parle qu'italien autour des tables, c'est bon signe; si l'on ne parle pas du tout, c'est très bon signe. Au cas où, voici quelques adresses pour réussir son séjour à Venise.

DÉJEUNER, DINER

A beccafico. Devant la statue de Nicolo Tommaseo, héros de l'unité italienne, la terrasse de cette maison sobre s'étend sur un campo de rêve, à deux pas du pont de l'Académie. Fruits de mer en vedette. Frédéric Mitterrand, ministre depuis peu, y vint festoyer après avoir visité la Biennale 2009.
Campo Santo Stefano, 041.527.48.79
 
Casin dei Nobili. Le meilleur rapport qualité-prix de Venise, cette pizzeria - pizzas le soir uniquement - est appréciée tant pour sa grande salle à toit ouvrant que pour la chaleur du service. Ne pas oublier de réserver.
Dorsoduro, 041.241.18.41

Accademia Foscarini C'est la plus belle vue du Grand Canal: de cette terrasse, à l'ombre de la grande arche du pont de l'Académie, on découvre l'ultime courbe du Grand Canal, la Salute, la Douane de mer. Excellent cappuccino.
Dorsoduro, 041.522.72.81

Acqua Pazza. Ces "eaux vives" coulent sous les fenêtres du palais où logent Mes Paul Lombard et Louis Schweitzer quand ils sont à Venise. Les pâtes "aumm-aumm", avec aubergines et scamorza affumicata, sont à se damner. Liqueurs à volonté à la fin du repas: privilégier la mandarine et le limoncello.
Campo Sant' Angelo, 041.277.06.88

Birraria la Corte. La meilleure adresse si l'on promène un troupeau d'enfants. Avec ses nombreuses salles et ses tables de réfectoire, cette pizzeria est idéale pour la restauration de masse mais de qualité.
Campo san Polo, 041.275.05.70

Altanella. Une photo de François Mitterrand, expert ès bonnes tables vénitiennes, vous accueille avant que vous gagniez le balcon sur canal. Vous êtes ici sur la Giudecca, en face des Zatterre, loin des flots de touristes. Le calme est précieux, et les poissons sont imbattables.
Giudecca, 041.522.77.80


Vini da Gigio. Sur les arrières de la Strada Nova, cette maison chaleureuse est l'une des plus remarquables de Venise. A ne pas manquer: le fromage frit avec de la polenta...
Cannaregio, 041.528.51.40

Do Farai . Ce rendez-vous des gondoliers joue l'authenticité dans le décor, avec ses grandes tables d'auberge, ses boiseries désuètes et ses photos jaunies, et l'authenticité dans l'assiette, avec notamment des calamars irrésistibles.
Dorsoduro, 3278. 041.277.03.69

Caffè al Ponto del Lovo. Carlo Goldoni y était attablé pendant des heures, puisant des répliques dans la conversation des clients. Depuis 1750, le café y est apprécié, proposé avec de nombreuses pâtisseries. Le décor de ce "Pont aux loups", à deux pas du Rialto, n'a presque pas changé depuis, le café s'est mis, lui, au goût des touristes.
San Marco, 041.520.84.39
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ACHETER, Accessoires.
...
Pied à terre, cette boutique propose la véritable pantoufle vénitienne, la furlane aux tissus rares et aux formes confortables. La semelle en gomme permet d'aller dans la rue s'il le faut, et de piloter sa gondole sans en abîmer le vernis. Inspirées par les chaussures des paysans du Frioul, ces pantoufles, fabriquées jadis avec des matériaux de récupération, sont désormais des petits bijoux.
Rialto, 041.528.55.13
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Déco
Cavalier. Angelots fessus, lions de Saint- Marc, encadrements baroques, miroirs classiques ou de sorcières, statuettes: pour les boiseries sculptées et dorées, cet artisan n'a pas son pareil. Son père, déjà, régnait en maître, et avait conquis... Anne-Aymone Giscard d'Estaing !
San Marco 2863/a. 041.523.86.21
Design 
Madera, objets inanimés, avez-vous donc une âme? Oui, dans ce magasin d'accessoires bien faits et de bon goût -ce qui n'est pas si fréquent à Venise...
Campo San Barnaba, 041.522.41.81
Masques
La Pietra filosofale, cette pierre philosophale est une mine d'or qui propose les plus beaux masques de cuir de Venise - et même les seuls à respecter tous les codes de la commedia dell'arte. Derrière son établi encombré et sa moustache encombrante, ce n'est pas un artisan qui taille le cuir, mais un artiste, enfantant un Polichinelle, un Arlequin, un Pantalone... A ne pas manquer.
San Marco Frezzeria, 00-39-041-528-58-85.


Atelier Marega, avec ses deux boutiques, cette enseigne donne dans le grand style XVIIIe siècle. Les masques sont assez communs, mais les costumes, à louer ou à vendre, sont sublimes et, rareté, on trouve ici des chaussures de style magnifiques.
Campo San Rocco, 041.522.16.34
Calle Larga, San Toma 041.71.79.66


Il Canovaccio. Toute l'Arche de Noé est mise en masques par cette boutique, dans ce papier mâché si caractéristique, et peint à la main, qui en fait autant de pièces uniques. Les plus belles ? Le crocodile, la girafe et la licorne.
Castello, 041.521.03.93

DÉGUSTER
Casa del parmigiano. Tout, tout, tout le fromage italien joue une symphonie de saveurs dans cet établissement situé juste à côté du marché aux poissons et du "bossu" du Rialto, mascotte vénitienne. Le pecorino y est roi ( jetez-vous sur celui à la truffe et celui au safran), la scamorza affumicata y est reine. Et le prosciutto s'est fait une place au milieu des fromages.
Campo Bella Vienna, Rialto, 041.520.65.25


Giacomo Rizzo. En allant du Rialto à la Ca'd'Oro, vous trouverez sur la gauche cette petite échoppe aux saveurs précieuses: huiles d'olive, sauces, truffes blanches, vinaigres balsamiques et, surtout, pâtes de toutes couleurs, tailles et formes -gondoles, Rialto, lettres et... pénis!
San Giovanni Crisostomo, 5778, Cannareggio, 041.712.23.31

Le match des glaciers
Les gelati coulent à tous les coins de rue à Venise, mais la finale du championnat de la Sérénissime oppose Paolin (campo San Stefano) à Da Nico (Zattere). La pistache et le gianduiotto sont meilleurs chez le second, la vanille et l'After Eight chez le premier. Paolin veille plus tard, Da Nico a vue sur la Giudecca et sur les bateaux... A vous de choisir.

DORMIR, SORTIR
..
Hôtels

Palazzo Stern, sur le Grand Canal, à côté de la Ca' Rezzonico -le musée du XVIIIe siècle-, cet hôtel est majestueux, de sa terrasse du rez-de-chaussée, qui s'avance sur l'eau, à son escalier bordé de fins piliers. Certaines chambres ont sur San Samuele une vue exceptionnelle. Et le vaporetto -lignes 1 et 2- est au pied de l'hôtel.
Dorsoduro, 041.277.08.69

AD Place, à l'abri de la Fenice, le fameux Opéra, dans le repli d'un canal, cet établissement entortille jusqu'à une altana au panorama appréciable des chambres à la déco audacieuse.
Fondamenta della Fenice, 041.241.32.34

Night-Club
Piccolo mondo. Il n'y a pas de boîte de nuit à Venise. Ou plutôt, il y en a une, hélas ! Le Piccolo mondo, ce sont des banquettes d'un autre âge; une musique qui semble sortie d'un canular; un personnel vermoulu. Tout cela en fait une curiosité...
Dorsoduro, 041.520.03.71
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© Christophe Barbier / L'Express - 30/05/2011.

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13 commentaires:

Murissa Maurice a dit…
Merci pour une poste interessante!
Je comprend tres bon le ligne "Venise n'est pas une ville, c'est une idee." Venise est une idee si complexe et jolie que j'etait inspirer a ecrire une poeme car c'est une idee trop grand pour expliquer toute autre voie.

J'espere que mon francais n'est pas trop terrible pour votre yeux.

The Wanderfull Traveler
Anonyme a dit…
Peu de ces adresses sont mes favorites à l'exception de la trattoria Altanella, de Vini Da Gigio et de la Casa del Parmegiano pour le Crudo di Sauris ou Nico pour son Gianduiotto régressif!
Pas un seul café du Campo San Margherita n'est cité comme le Café Rosso ou le Margaret Duchamp !
Et pour les hôtels mes adresses favorites sont deux Pensione du Dorsoduro : Pensione Accademia & Pensione La Calcina.
Nota-Bene : Quand faites-vous un nouveau billet sur le train de nuit Artesia un enfer ou un moyen économique et pratique de se rendre à Venise?
Anonyme a dit…
J'ai effectivement croisé C. Barbier plusieurs fois à Venise ces dernières années (en plein mois d'août hélas) ce qui me le rend très sympathique, alors que je ne partage pas du tout ses idées. Il semble affectionner, comme moi, comme vous, le Dorsoduro... Merci d'avoir publié son article.
Soazig
Lorenzo a dit…
Christophe Barbier présente ses choix. Ce ne sont pas forcément ceux de Tramezzinimag. Et ceux de Tramezzinimag ne sont pas forcément les miens. Quant au train, la polémique sur le forum du Routard prend des proportions incroyables et j'envisage effectivement un billet. J'ai déjà publié à ce sujet, ce moyen de transport étant celui que j'utilise à 98% pour me rendre à Venise depuis plus de 20 ans sans jamais un seul problème à ce jour. Mais je semble être une exception.
Anonyme a dit…
Je m'étonne qu'il ne parle pas de la cantinone "già schiavi" et de ses délicieux cicchetti où je l'ai vu se désaltérer. Effectivement, peut-être pas assez parisien... C'est pour nous un passage obligé chaque fin d'après-midi à Venise.
Soazig
Anonyme a dit…
Artesia c'est bientôt fini !
http://www.americas-fr.com/tourisme/actualite/trenitalia-cesse-sa-collaboration-avec-la-sncf-9059.html
Anonyme a dit…
Je cherche à comprendre : Lorenzo vous n'appréciez pas les adresses données par ce journaliste, vous n'appréciez pas non plus l'omniprésence des parisiens sur certains lieux et vous relayez la pub de Barbier en entier sur votre blog, pourquoi ? Manque d'inspiration personnelle ? Lassitude ?

Rassurez vous bientôt il y aura du monde absolument partout à Venise grâce au GPS municipal et à vos bonnes adresses...

Parlez nous plutôt de votre Venise personnelle, c'est tellement plus intéressant que le catalogue d'adresses de luxe (mais pas seulement c'est vrai) que vous nous offrez régulièrement...

Moi je voyage toujours avec Artésia depuis de très nombreuses années et je n'ai jamais eu de problème, mais je sais qu'ils veulent supprimer le train de nuit, ça c'est sûr GGGRRR !!! Ou alors peut-être en faire un train pour VIP ?

Cordialement.
J-P. a dit…
Adresses fortes intéressantes mais ne suis pas sur Venise hélàs. Je trouve que tout ce que vous offrez avec ce divin blog est toujours super, toujours excellemment bien écrit et je sens que vous y mettez toujours votre cœur (ce pour quoi je vous lis et suis chaque jour), quelques soit l'article et son sujet. Merci à vous !
Cordialement, J-P
Condorcet a dit…
Le premier chapitre me réconcilie avec Christophe Barbier dont je ne partage ni les idées politiques, ni les adresses vénitiennes (hormis l'Altanella et la Casa del parmigiano - étonnant qu'il n'y ait pas adjoint la drogheria Mascari -). Je le soupçonne de garder par-devers lui quelques "bei posti"...
Lorenzo a dit…
Comme nous tous. Pour répondre à l'étonnement de mon lecteur anonyme, je dirai simplement que Tramezzinimag est un magazine et que la diversité des lecteurs doit être satisfaite. Je peste souvent après les parisiens, le bling-bling et les Happy Few, mais ce serait de la malhonnêteté que de toujours cracher dans la soupe que j'ai longtemps pris plaisir non seulement à consommer mais à préparer. Merci en tout cas à tous les lecteurs pour leur assiduité, leur soutien et tout ces commentaires ! Bonne fête de l'Ascension à tous !
Charlotte a dit…
C'est vrai il ne faut pas cracher dans la soupe, votre blog a ce petit côté bobo qui me fait sourire...
Cordialement.
Lorenzo a dit…
Ravi de vous faire sourire Charlotte.La mode effectivement rejoint l'authentique vie bourgeoise et bohème. Mon mode de vie et mes poses ont un côté bobo parce que ce mode de vie est (enfin) (re)devenu à la mode. C'est qui me fait sourire moi, c'est d'être rattrapé par elle quand comme des tas d'autres, je n'ai rien fait pour changer ou vivre différemment de comment j'ai toujours vécu... Bien à vous.
Anne a dit…
Nous n'avons eu aucun problème avec le train Artesia que nous prenons depuis des années pour aller en Italie. Quant aux adresses, un récapitulatif de VOS choix, Lorenzo, serait le bienvenu.
Bon dimanche!
Anne
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