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Articles

Affichage des articles du avril, 2012

Dimanche. Un livre, un gâteau, et la musique de Bach.

Les dimanches que j'aime sont toujours de la même couleur. Celle d'un bonheur tranquille que rythment joyeusement les Suites anglaises de Bach sous les doigts de Glenn Gould. Peu importe le temps qu'il fait au dehors, dans la maison le soleil brille de tous ses feux. Le chat ronronne de plaisir, la table pour le thé réunit toute la famille. Scones dorés, thé fumant et parfois, un de ces gâteaux qui réveillent en nous mille souvenirs d'enfance. Hier, c'était un Fondant à l'orange. Constance qui s'est prise de passion pour ces petits bracelets de ruban qu'on garnit de breloques retrouvées dans les tiroirs et les vieux coffrets de sa Bonne-maman (comme la recette du délicieux Fondant), s'affaire près de la fenêtre. Tout autour d'elle, fils et tissus dans un joyeux désordre, illuminent de couleurs acidulées le gris du ciel. 
La sarabande de la Deuxième Suite se glissent dans toute la maisonnée. Dehors, la pluie continue sans arrêt depuis plusieurs j…

La pluie, encore et toujours...

Bordeaux et une partie du pays sont noyés sous des trombes d'eau. pendant ce temps, Venise pendant ce temps voit la température monter et le ciel se dégager... Ce printemps est bien surprenant.

COUPS DE COEUR (HORS SERIE 28) : "Autant la mer" de François Matton

Découvert par hasard ce très bel album-livre comme je les aime, où l'histoire mêle les mots et le dessin. Un trait acéré et plein de poésie, sans fioritures ni concessions. c'est moderne et très classique en même temps. L'histoire est belle et parlera certainement à beaucoup. Une parenté indirecte avec Venise qui parlera aux lecteurs de TraMeZziniMag. Voici ce que l'auteur a écrit sur cet opus dans son blog : "Vouloir partir vivre sur l'eau est un rêve d'enfant qui ne s'encombre pas du réel. C'était le rêve de mon frère Benoît, tel que je le raconte dans Autant la mer. Partir vivre sur l'eau, loin de l'agitation des villes, loin des habitudes bourgeoises, loin de ce qui se répète sans qu'on le remette en question, loin des moules dans lesquels, après quelques fanfaronnades, on se coule si vite (c'est tellement pratique), loin des responsabilités compliquées, loin des enjeux d'argent, loin de la nécessité de se battre pour trava…

Evviva San Marco !

C'est aujourd'hui le 25 avril, journée sacrée entre toutes pour les vénitiens : la fête de Saint-Marc. Symbole de la Sérénissime République resté très cher au cœur des habitants, cette solennité se traduisait avant 1797 par une grande procession dont le doge prenait la tête et qui rassemblait toute la population, du plus humble au plus noble.
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C'est aussi le jour où les hommes offrent à leur belle, leur fille, leur mère, un bouton de rose rouge, lebòcolo. Tramezzinimag a publié à plusieurs reprises la légende qui entoure cette sympathique tradition. Les opinions divergent sur l'origine de cette coutume, toutes sont poétiques et romancées. Le 25 avril correspond aussi, hasard de l'histoire, à la fête nationale de l'Italie qui fête en ce jour sa libération du joug fasciste en 1945.

Buona festa di San Marco a tutti ! 


Des salopards

"Bastardi, deliquenti, barbari !" criait une vieille dame devant le spectacle. Aucune traduction ne semble nécessaire pour qualifier les auteurs, de plus en plus nombreux qui ne trouvent rien d'autre à offrir au monde que la laideur de leurs déprédations qu'ils considèrent comme de l'art. Un exemple du niveau où notre civilisation est tombée. Bien bien bas. 
Il y a les hordes de touristes qui envahissent la ville, les Grandi Navi qui encombrent de plus en plus les eaux de la lagune et font courir à la ville le risque d'une catastrophe sans précédent, l'érosion produite par les émanations chimiques et les remous provoqués par les hors-bords circulant à grande vitesse ; il y avait les pigeons, grands pollueurs et destructeurs de monuments qu'on a réussi à circonvenir. Hélas, il y a aussi, encore, toujours et de plus en plus, ces débiles qui doivent penser que la Sérénissime n'est pas assez belle et ont entrepris depuis quelques années de transformer …

COUPS DE CŒUR (HORS SERIE 27) : Connaissez-vous André Hambourg ?

Ils sont nombreux les peintres que la lumière de Venise a su captiver.André Hambourg est de ceux-là. Né et mort avec le siècle (il naquit en 1909 et s'est éteint en 1999), ancien élève des Beaux-Arts de Paris, il fut peintre officiel de la Marine et correspondant de guerre. Il vécut à Honfleur, connu pour la beauté de sa lumière si changeante qui attira tant de peintres. Son expérience professionnelle l'amena à publier plusieurs ouvrages consacrés à son vécu à la fin de la guerre. Il fut l'un des premiers français à pénétrer dans le fameux nid d'aigle de Hitler à Berchtesgaden en 1947.  A la peinture et à l'écriture, s'ajoutaient des talents d'illustrateur et de graveur. Je l'ai découvert dans les années 80 en farfouillant dans la bibliothèque de mes parents. Ils possédaient une édition de l'Altana ou la Vie Vénitienne d'Henri de Régnier(Éditions Rombaldi, 1959) magnifiquement illustrée par André Hambourg. Quelques années plus tard, un…

Quel avenir pour Venise ?

C'est la question que se pose un de mes amis vénitiens, membre du groupe 40xVenezia et que j'ai trouvé important de relayer sur Tramezzinimag. D'une part pour ceux qui pourraient avoir des idées constructives et intéressantes, mais aussi pour rappeler à tous les Fous de Venise que nous sommes, que notre amour pour elle suppose aussi des devoirs. Venise a beau être un lieu – et un concept - unique au monde, c’est aussi une ville comme les autres avec des problèmes et des besoins semblables à ceux de toutes les villes du monde.
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A ceci près que le tourisme, loin d'aider la population à s'épanouir et à bien vivre, l'étouffe et l'encercle comme une dangereuse maladie. Cette pollution devient une lèpre contre laquelle il faut lutter. Certes, ce ne sont pas les touristes en eux-mêmes qui portent la responsabilité de cette asphyxie, mais les pouvoirs publics et l’ensemble des protagonistes. de ce tourisme de masse. Depuis quelques années, des associa…

Statistiques

..Entre 1951 et aujourd'hui, le centre historique a perdu plus de 65% de sa population et la répartition des habitants entre Venise, les îles et la Terraferma s'est inversée : en 1951 55% des vénitiens habitaient la ville historique et seulement 21% la Terraferma. Aujourd’hui, c'est le contraire avec 66% pour la Terraferma et seulement 23% dans le centre historique. 
..Des données démographiques très précises permettent de comparer les chiffres à travers l'histoire :  . ,.,1422 : 199.000 habitants.  ..1509 : 115.000 (dont11.164 courtisanes !)  ..1797 (année de la chute de la République) : 141.000  ..1931 :  163.559  ..1960 : 145.402  ..1970 : 111.550  ..1980 :  95.222  ..1990 :  78.165  ..2000 : 66.386 
..Le compteur de la Pharmacie Morelli, campo San Bartolomeo au Rialto, installé presque comme une boutade par Venessia.com, indique aujourd'hui à peine un peu plus de 58.000 habitants. Du jamais vu dans l'histoire de la Sérénissime même au temps des grandes épidémies ! _____…

Venise, belle et triste vitrine, par Aldo Cazzulo

Un fidèle lecteur nous a signalé cet article d'Aldo Cazzulo paru dans le Corriere della Sera publié par Courrier International, le 12 avril dernier. Point de vue réaliste certes mais assez pessimiste traduisant bien la situation actuelle de la Sérénissime, réalisé à partir d'un entretien avec l'ancien maire, le philosophe Massimo Cacciari, adepte du pragmatisme dont l'administration est aujourd'hui très controversée. Sa vision en tout cas s'avère juste et la réflexion de l'auteur, une bonne base pour les dbats actuels sur l'avenir de la Sérénissime. Boutique de souvenirs à Venise. © spirosk.
Chaque année, des centaines d’habitants fuient la lagune, l’abandonnant aux multinationales et aux spéculateurs de l’art et la transformant en ville fantôme. Les tentatives pour raviver son économie se heurtent au manque de fonds publics et au fatalisme de ceux qui sont restés. 
Pour Massimo Cacciari, son ancien maire, Venise est sous l’emprise de deu…

Quand Venise se réveille !

Venise bouge. Venise prend en main son destin. Elle sait que ses dirigeants désabusés ou achetés préfèrent se claquemurer dans le confort de leur position plutôt que de retrousser leurs manches et chercher avec toute la communauté lagunaire les solutions pour sauvegarder la Sérénissime, pour permettre à ses populations de continuer à vivre dans leur ville, pour éviter d'inévitables catastrophes et de massacre écologique qui jour après jour risque d'avoir raison de la Venise dont le sol est foulé chaque année par 1.500.000 touristes. Aux militants depuis longtemps engagés dans un combat difficile contre Rome, contre la Région, contre les pollueurs, les spéculateurs, les profiteurs, s'ajoute désormais l'homme de la rue et les vénitiens de cœur qui à travers le monde veulent défendre cette ville-civilisation dont ils ont compris la valeur et la rareté. Car c'est bien de civilisation dont il s'agit et la révolte qui est dans l'air de la lagune ces…

COUPS DE COEUR N°43

Gabrielli, Jacchini, Vitali
La Nascita del Violoncello Les Basses Réunies, sous la direction de Bruno Cocset Livre-CD - 136 pages. Label Agogique - 2011 - AGO001 Découvert il y a seulement quelques jours, ce premier livre-disque d'un nouveau label est une superbe réussite que TramezziniMag recommande à 100% : belle réalisation éditoriale, iconographie somptueuse et une prise de son magnifique pour retracer la naissance du violoncelle."Avant que de connaître sa forme définitive au cours du XVIIIe siècle, ses origines multiples se déclinent à travers les instruments hybrides des siècles antérieurs. Au programme figurent des œuvres rattachées à l’école de Bologne de Domenico Gabrieli, Giuseppe Jacchini et Giovanni Battista Vitali, destinées à mettre en valeur une écurie de sept instruments différents, choisis et accordés en fonction des pièces. La facture robuste et primitive du violoncelle Gasparo da Salo convient à merveille aux passacailles et autres ricercare à …

Repas dominical, repas pascal

Notre repas de famille est un moment important, surtout depuis 2005, Annus Horribilis qui vit l'éclatement de la famille, le départ de la "grande maison dans les arbres" comme nous l'appelions, et mille autres catastrophes domestiques très lourdes à vivre. Heureusement la Providence dès les débuts de ce cataclysme nous a toujours réservé de belles éclaircies : la découverte de Venise par Constance, alors seulement âgée de 9 ans, l'arrivée inopinée dans nos vies de Mitsou le roi des chats, et mille petits riens qui nous ont aidé à poursuivre ce chemin. Ne serait l'absence de ma fille aînée, partie dans les neiges du Québec, nos repas dominicaux (une fois par mois seulement hélas), ces moments privilégiés, sont toujours une pause, paisible et joyeuse à la fois. J'essaie à chaque fois de faire en sorte que le repas soit bon et original, que la table soit belle. Lors de notre dernière rencontre au sommet, pour Pâques, l'agneau bien évidemmen…