28 mai 2009

COUPS DE CŒUR (HORS SÉRIE 6) : Les jeunes gens de l’Upper West Side Soweto.

Vampire Weekend 
Label Naïve
XL Recordings
Ceux qui me connaissent savent qu’avec Venise, New York est une de mes villes de cœur. Liée dans mon imaginaire au cinéma bien sûr, mais aussi à la musique. D’où le sujet de ce petit billet, pour le moins inhabituel. Je vais certainement vous surprendre mais je voudrais vous parler d’un groupe new-yorkais de musiques actuelles , que j’ai découvert il y a peu et que je trouve vraiment excellent. Ne cherchez pas, à ce jour et à ma connaissance, il n’y a aucun lien entre eux et Venise ! Quatre jeunes musiciens formés dans la meilleure université de musicologie du Nouveau Continent, Vampire Weekend joue une musique agréable à écouter sans avoir besoin de clés pour la comprendre ni de bouchons d’oreille pour ne pas s'éclater les tympans. Musique très new-yorkaise, comme un poème de Frank O'Hara ou une ballade aux Cloisters ou dans 91st Street garden... 
 
Pleines de citations, leurs chansons sont rayonnantes, drôles et je me surprends à les écouter en boucle. Les enfants n’en reviennent pas, du rock indépendant dans le bureau de papa ! Il y a chez ces jeunes américains quelque chose qui me rappelle la musique que j’écoutais quand j’avais 20 ans. La voix du chanteur certainement. Les emprunts au classique ou aux rythmes africains ne sont pas simple affectation ni snobisme. Certains voudront parler de pillage (l’influence de Paul Simon avec Graceland est flagrante)… 
 
En tout cas, on sent que tout est composé, paroles et mélodies, sur la base d’une réelle culture musicale selon des principes rhétoriques parfaitement assimilés. Et pour causes, ces jeunes gens sont tous diplômés de musicologie de la fameuse Columbia University. Quand violon et violoncelle viennent se mêler aux guitares électriques et à la batterie, c’est toute les palettes de la musique, celle d’hier et celle d’aujourd’hui, qui se retrouvent pour notre plus grand plaisir. 
 
En tout cas à les écouter et à regarder leurs vidéos, on sent des garçons passionnés et heureux, la tête bien faite... Leur musique explique ce raffinement. Avisés aussi, ils se sont fait connaître au-delà de l’Upper West Side new-yorkais par le biais d’internet, Youtube, MySpace and co. 
 
La voix superbe d’Ezra Koenig, le chanteur du groupe est maintenant reconnue partout quand on passe un de leurs titres. Quel talent. Efficace et agréable. Lui et ses compagnons, Rostam, Christopher & Chris n’ont pas fini de nous surprendre. 
 
 
«A-punk», le clip le mieux abouti même si ce n'est pas mon morceau préféré (il faut avoir écouté « Cape Cod Kwassa Kwassa» «Oxford Comma», «Mansard Roof», «M79»). A vos casques et vos enceintes et dites-moi si cela ne vous a pas rempli de joie et d'énergie pour commencer la journée :
 
 
 
Finalement, à tout bien réfléchir, il existe un lien esthétique entre cette musique pleine de lumière et Venise au quotidien, une même joie simple qui éclate spontanément et donne envie de sourire à tous ceux qu'on croise. Si je devais un jour réaliser un documentaire ou une fiction sur la vie, la jeunesse, la joie à Venise, Vampire Weekend composerait une bonne partie du générique !

5 commentaires:

Anne a dit…

Je découvre grâce à vous ce groupe. Je trouve leur vidéo pas mal du tout: avec des moyens très simples et une adéquation parfaite à la musique, ils proposent quelque chose de jeune et plein d'humour.

Les Idées Heureuses a dit…

C'est bien pour le début de la journée mais aussi pour la fin de celle-ci: de courtes phrases mélodiques facilement assimilables, comme disait un professeur d'harmonie "le maximum d'informations dans un minimum de temps", très rythmé, cela donne du peps, de fines bulles de champagne ou d'eau de Vichy, hilarant, beaucoup d'humour dans ces pantomimes qui rappellent les Jacquemarts tambourinant ici sur leur grosses caisses! Et l'aquarium final, cela me rappelle Jean Christophe Averty!
A suivre...

douille a dit…

Du Vampire Week-end sur tramezzini...
Je suis fan...

Lorenzo a dit…

Merci les groupies !

 
 Nathalie a dit…

Bonjour Lorenzo, comme Anne et vos autres groupies, je découvre ce groupe grâce vous et j'en suis très heureuse ! Chaque matin, avec mon mari nous allons sur votre blog pour à chaque fois découvrir quelque chose de nouveau. Merci Lorenzo, merci pour tout ce que vous nous faits découvrir.

26 mai 2009

Fricassée de légumes gourmands


L'autre week-end à Venise, j'avais trouvé au marché du Rialto de splendides aubergines, bien lisses et brillantes, charnues, la collerette épanouie, d'un vert printanier. Quelques gousses d'ail bien fraîches, du persil, du basilic, des champignons de Paris, des fèves, et je pouvais régaler notre tribu d'une de ces fricassées de légumes qui servent chez nous à accompagner les rôtis et les volailles, mais aussi font la sauce des pâtes. C'est simple à préparer et on peut y mêler tous les légumes qu'on a sous la main. Il existe une version pour végétarien et une pour mangeurs de viande. Laissez-moi vous livrer ma recette. 

Dans un poêlon de fonte, je fais chauffer de la très bonne huile d'olive, produit de la culture biologique. Celle que j'utilise à Venise est une sublime huile extra-vierge d.o.p (dénomination d'origine protégée) dite Dauno Gargano de Marco Ricucci, faite à base d'une variété indigène l’Ogliarola. Aux arômes de tomate très longs en bouche, elle est tellement agréable qu'on s'en régale sur un morceau de pain... Dauno Gargano est une zone située au Nord-Est des Pouilles. 


Quand l'huile commence de fumer un peu, je saupoudre le poêlon de sel, puis je mets à frire des aubergines, lavées, coupées en petits morceaux carrés avec leur peau, puis les champignons frais émincés, les fèves que j'ai au préalable blanchi dans un bouillon de viande ou de volaille, selon ce que j'ai de disponible sur le feu. Quand cet appareil ramollit, j'ajoute de l'ail haché en bonne quantité, des herbes fraîches (si possible) : romarin, thym, persil, basilic, un petit morceau de laurier et enfin du poivre. Parfois je mets des oignons nouveaux ou des oignons rouges (j'ai toujours un sachet de ceux de chez Picard), des courgettes coupées en fines rondelles. 

Si j'ai un reste de rôti de porc, de veau ou de bœuf, je rajoute la viande coupée en petits morceaux à la préparation. Il ne faut pas hésiter à ajouter de l'huile en cours de cuisson. Celle dont je vous parle ne fait aucun mal ! Parfois, pour le goût, j'ajoute un morceau de beurre... Quand le parfum qui se répand dans la cuisine devient agréable, j'ajoute du coulis de tomates. Autrefois, chaque année chez moi, on faisait nos propres conserves de coulis. Cela durait plusieurs jours. Mais quel délice quand en plein hiver on ouvrait un des flacons de sauce... 

Après de nombreux essais, je n'utilise plus qu'une seule passata di pomodoro parfaite en tous points : bon goût, belle tenue, et prix incroyable (moins de 30 centimes !). La marque : Giaguaro di Sarno. Mais, j'ai déjà cité cette marque pour la recette de la parmigiana di melanzane (lien ici). Il faut bien remuer. Peu à peu le mélange va un peu épaissir car il ne faut pas obtenir une sauce trop liquide. Au moment de servir, j'ajoute une bonne quantité de parmesan fraîchement râpé. Pour ce faire, j'ai renoncé à la râpe manuelle. Je n'utilise plus, à Venise comme en France, que le vieux système de la râpe à manivelle en inox. Cela ne va pas pour le parmesan servi sur la table mais pour cuisiner c'est parfait, rapide, efficace. 

Cette fricassée de légumes très printanière accompagne délicieusement un plat de viandes froides, un poisson, des blancs de poulets frits (là, je rajoute aux légumes un peu de jus de citron, voire même quelques gouttes de vin blanc). Avec des penne rigate ou simplement des spaghettis, c'est aussi drôlement bon (il faut alors prévoir une plus grande quantité de légumes et de sauce tomate). Quand je n'ai pas de viande sous la main, je mets simplement un cube d'OXO, le bouillon Kub anglais, bien meilleur et peu salé. En fait, ce bouillon lyophilisé a été inventé par le Dr Liebig, en Allemagne dans les années 1880 je crois. C'est fou tout ce que les britanniques ont à nous proposer comme produits de base pour aider en cuisine : Marmite, Bisto, Worcester Sauce, Piccalilly, Chutney, pickles, Lemon Curd, etc... Ce sont souvent des vestiges de la cuisine continentale d'antan et le mélange des saveurs n'est pas sans rappeler les recettes du Moyen-âge ou de la Renaissance. 

Dernière suggestion : comme il en reste parfois, il m'arrive de servir la fricassée le soir quand on n'a pas très envie de se remettre en cuisine, en... sandwich : je fais griller de larges tranches de pain de mie anglais. J'étale dessus une ou deux cuillerées de fricassée froide, une tranche de roastbeef ou de rôti de porc, voire de jambon, ou bien de fines lamelles de Brie ou de Mozzarella (de la vraie pas ce truc élastique vendu dans les supermarchés), ou avec du yaourt turc (assez consistant si on ne le bat pas), ou avec tout cela en même temps. Un sandwich-club maison en quelque sorte, pour mangements du dimanche soir devant un You got Mail ou Notting Hill, nos films favoris. 

Servez accompagné d'un verre de rouge bien charpenté, et vous m'en direz des nouvelles ! 



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6 commentaires: (archives Google)

Michelaise a dit… 
Ah quelle merveille... un homme qui "se met" en cuisine, dans un langage simple, accessible, pratique ! Bravo Lorenzo ;-)... je sens que je vais vous copier un peu ! 
 26 mai, 2009 

Après les desserts , voici le plat principal. Quels beaux présents culinaires vous nous offrez!!!!! Alors je vous propose une entrée que vous connaissez et savez peut-être exécuter mais on ne sait jamais... Il s'agit de la tapenade"à ma Façon": 
 -350 gr d'olives noires à la grecques dénoyautées de la marque "Tramier" 
-1 gousse d'ail 
-2 bonnes c. à c. de câpres ( je les achète à Vintimille à la fin de l'été, ils sont bien gros et les prépare avec du vinaigre blanc) 
 -2 anchois 
-1/2 c.c. de graines de fenouil 
-1/2 jus de citron 
-3 c.s. d'huile d'olive bien fruitée 
 (la quantité des ingrédients est indicative, je fais un peu à l’œil et au goûter) 
Vous pouvez utiliser un pilon: pilons, pilons du bois? 
Non je me trompe de mélodie, c'est la fatigue du mercredi... 
Cela marche aussi avec un appareil électrique. 
Mon secret (un secret étant une chose que l'on ne dit qu'à une seule personne à la fois dans le creux de l'oreille) j'ajoute quelques zestes de citron très fins et imperceptibles.
 Mettez au frigo et servir avec du bon pain de campagne que l'on peut griller si on aime- je prépare le mien avec la machine c'est super- ... vous pouvez ajouter sur la tartine une fine tranche de citron, des pignons, des tomates séchées , enfin ce que vous aimez, mais c'est bien sans rien aussi pour garder le goût de l'olive... 
Un petit verre de rosé bien frais dans un joli verre de Biot à savourer sous la treille un soir d'été. Elle est pas belle la vie? 
27 mai, 2009 

Anonyme a dit… 
Et on peut la trouver où cette huile d'olive ? 
29 mai, 2009 

Lorenzo a dit… 
Merci pour cette recette de tapenade que j'essaie dès ce week end. L'huile ? on peut la commander via internet. on la trouve aussi dans les (vraiment) bonnes épiceries fines. 
29 mai, 2009 

Anne-Lucie a dit… 
C'est vrai que c'est rare un homme qui fait de la cuisine ! Mais c'est tellement bien ! Lorenzo, vous êtes vraiment un exemple pour tous ! Je suis sûr que vous faites souvent de la cuisine avec vos enfants ! Qu'est-ce que ça doit-être gai chez vous ! merci, Anne-Lucie 
 02 juin, 2009 

Lorenzo a dit… 
ne croyez pas que c'est le paradis. Il y a des moments de tension et de conflit comme partout mais je crois qu'il est indispensable de toujours chercher à entretenir une ambiance bonne enfant et paisible autant que possible pour éloigner le stress du quotidien de la vie moderne. "Carpe diem" ne suffit pas. Nos petits bonheurs aident à maintenir l'équilibre, à soigner les bobos reçus dehors, dans le monde et c'est vrai que notre maison est joyeuse le plus souvent. "Dieu voulant" comme disait ma grand-mère ! 
 03 juin, 2009

18 mai 2009

COUPS DE CŒUR N°34

Luigi Boccherini
Sonates pour violoncelle
Ensemble La Ritirata
Direction Josetxu Obregón
Label Verso, 2009
Une belle découverte que cet enregistrement qui vient d'arriver chez les disquaires. L'interprétation des sonates est très personnelle, langoureuse. Josetxu Obregón privilégie le frottement moelleux des cordes, usant et abusant des positions basses, (son jeu avec la 7ème notamment) pour produire quelque chose de très sensuel débordant d'harmoniques. L'ensemble La Ritirata s'accorde à merveille avec cette manière de traduire l'auteur. C'est chaleureux, humain, très doux. "Il y a quelque chose de lumineux et de détendu dans cette interprétation qui s'acharne à monter dans les aigus, qui paradoxalement étale sa virtuosité sans l'assumer vraiment, qui enchaîne des tempi rapides mais qui sonnent comme repus du sommeil réparateur d'une sieste" a déclaré à propos de cet enregistrement Katarina Privlova. L'enregistrement se termine d'une manière surprenante comme une blague de potaches, mais c'est un disque agréable à écouter pendant les douces soirées de mai.
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Richard Goy
Venise. La ville et son architecture
Editions Phaidon
320 pagesIl n'est certes pas très récent mais c'est à mon goût le meilleur livre écrit à ce jour sur les architectures de Venise. Au fil des pages, on y découvre tout ce qu'il y a lieu de savoir sur les palais et les église de la cité des doges. S'il ne fallait le poser sur une table ou un lutrin pour pouvoir le consulter aisément, cet ouvrage quasiment exhaustif sur le sujet, ferait le meilleur des guides de voyage avec le Lorenzetti pour l'intérieur des monuments dont Richard Goy présente, étudie et analyse les extérieurs. Mais l'auteur fait bien plus que décrire, il raconte au lecteur une histoire et rend passionnantes son enseignement. Les très nombreuses illustrations complètent le plaisir de la lecture. Un livre essentiel pour la bonne connaissance de Venise.
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Venezia Osterie e dintorni
Scibilia Michela

Vianello Libri Editore
2005, 112 p.
Les lecteurs de Tramezzinimag me réclament un guide des lieux fréquentables de la Sérénissime. En attendant de me lancer dans ce travail de tian, laissez-moi vous recommander un petit guide véritablement bienfait et totalement libre de publicités. Les adresses citées et recommandées le son sans aucun pression ni a priori. Un petit livre très pratique qui présente 149 établissements tous passés au crible par la très exigeante Michela Scibilia qui sait de quoi elle parle et n'avait d'autre objectif en réalisant cet annuaire que d'aider les établissements qui le méritent. On y trouve des bars, des birrerie, des trattorie et des restaurants pour des budgets allant de 16 à 160 euros. Le livre est doté d'un plan qui pourra aider les moins habitués à la topographie vénitienne.
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Trattoria alla dona onesta
Dorsoduro 3922
Fondamenta della dona onesta
Tél. : 041 710586
Quand un petit restaurant situé dans une ville où passent plus de 20 millions de touristes par an, reste fréquentée par les habitants et que certains y ont leur rond de serviette, on ne peut que se sentir rassuré sur la qualité des mets proposés. Si le propriétaire de ce petit restaurant n'est pas vénitien - il l'est d'adoption - sa cuisine y est authentiquement casalinga. Une fois n'est pas coutume, laissez-moi commencer par les desserts. On y trouve le sempiternel tiramisù. A La Dona Onesta, il est fait dans la tradition et c'est un délice. Mais la panna cotta, maison aussi est un délice et j'ai un faible pour la torta greca, aux amandes. Pour le reste, rien que du très classique : assortiments de poissons grillés, risotto de poissons ou de champignons très honnêtes, et leurs pâtes aux légumes, spécialité de la maison Les prix sont très bas pour Venise, l'accueil chaleureux et le cadre suffisamment neutre pour ne pas se traduire dans l'addition.
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Trattoria Chinellato
Calle degli Albanesi
Castello, 4227
Tél.: 041 5236025
Encore un autre endroit accueillant, casalinga, qui résiste à la pression touristique et accueille toujours les vénitiens venus du quartier et d'ailleurs. Situé à deux pas de la piazza (tout près des célèbres prisons), dans un quartier épouvantablement envahi l'été par les touristes attirés par les boutiques de verroteries et de masques made in china, on y entend cependant parler le vénitien et ce qu'on y mange est bon, authentique et sans prétention, le personnel est gentil et patient avec les étrangers intimidés qui ne parlent ni italien ni vénitien. Il y a certes des tas de lieux plus casalinghe mais celui-ci à le mérite de résister en plein dans l'oeil du cyclone, depuis sa fondation en 1952 par les parents des actuels gestionnaires. Le menu (touristique) y est à 12 euros et s'avère correct. Pas de merveilles, de trouvailles ou de surprises. Juste un bon rapport qualité-prix. Pour les affamés qui viennent de visiter la basilique ou le palais des doges et n'ont plu le coeur de marcher loin de San Marco pour découvrir les osterie authentiques que j'ai l'habitude de vous conseiller. 
 
Prosecco Zardetto
Ente Vini Zardetto
La maison Zardetto, née dans les années 30, élève depuis sa création des vins de tradition, tout en cherchant en permanence à évoluer et à surprendre. Parmi l'éventail assez large de ses spumante et frizzante, le prosecco pour lequel je viens d'avoir un coup de coeur est un assemblage de 95% de Prosecco et 5% de Chardonnay. Cela donne un breuvage cristallin aux reflets de perle. Libérant de délicieux et frais arômes printaniers, tout en douceur et en délicatesse. Savoureux et longtemps présent en bouche. Idéal pour un apéritif entre amis. Il est meilleur encore consommé a l'aperto n'importe où sur un campo vénitien évidemment !


3 commentaires:

lesideesheureuses a dit…

Connaissez-vous le petit livre de Jean-Luc Petitrenaud "mes bonnes adresses à Venise" aux éditions Mango?
Un parcours par "sestieri" avec des photos sympathiques qui donnent envie de rencontrer ces personnages souriants en souhaitant qu'ils vous reçoivent tous aussi bien que leur mine enjouée. Le livre rentre dans un sac-peut être un peu lourd pour son format- il nous a été utile lors de notre dernière voyage à Venezia (plans indiquant les lieux).
Ce serait l'heure d'un "caffè" accompagné d'un zaleto de la pasticceria Didovich au Campo Santa Marina!!!

Lorenzo a dit…

Joli programme. Vous avez raison je devrais parler des "escapades de Petitrenaud à Venise" qui a un peu vieilli (il est sorti en 2005 je crois) mais reste très utile et très agréable. Vous me donnez l'idée de préparer un billet sur les guides existant.

venise a dit…

testé pour vous :) les deux adresses ci dessus : la dona onesta et chinellato. Merci pour le conseil, ça valait bien le détour. Nous avons été charmés par l'accueil si gentil du personnel !

16 mai 2009

Et la Crema Fritta, vous vous en souvenez ?

Les vénitiens ne peuvent l’avoir oubliée, et les touristes qui fréquentèrent la Sérénissime jusque dans les années 80 en ont certainement goûté. On l’achetait dans les magasins qui vendaient de la "pasta fresca". Il y en avait plusieurs à Venise avant que n’arrive Giovanni Rana ! Rien à voir avec les boutiques d’aujourd’hui qui proposent des pâtes au goût uniformisé comme les enseignes qui recouvrent les façades du monde entier… Rappelez-vous : celle qui était en face du cinéma Giorgione qui s’installa ensuite sur la Strada Nova et existait encore il y a quelques années… Et celle de la calle longa San Pantalon, et puis Rizzo à San Giovanni Crisostomo et aussi sur le Rio Terà San Leonardo. Juste en face du boulanger du même nom (le vendeur de crema fritta était son cousin en fait). C’est un délice dont se régalaient les enfants mais aussi les adultes. Nous les mangions comme ça, sur le pouce, dès que nous sortions du magasin. Les grands les dégustaient avec du vin doux, la fameuse Malvasia, ou du prosecco… On en trouvait comme dessert ou pour le goûter dans les meilleures maisons et sur les meilleures tables. 
... 
Ingrédients : 200 gr de farine, 180 gr de sucre roux, 5 œufs, 1 citron non traité, de la chapelure, 1 litre de lait, de l'huile de friture. 

Mettre dans une casserole les jaunes et le sucre. Mélanger jusqu’à obtenir une crème lisse. Ajouter la farine, les zestes du citron finement hachés, et peu à peu le lait. Quand le mélange est bien homogène, mettre sur le feu et remuer sans arrêt jusqu’à ce que la crème épaississe. Elle doit bouillir. Veiller bien à ce que le fonds n’attache pas. Sortir du feu et verser l’appareil sur un marbre préalablement huilé. L’étaler pour lui donner une épaisseur uniforme et laisser refroidir. Couper alors la crème à l’emporte-pièce et passer les morceaux obtenus dans le blanc d’œuf battu, puis dans de la chapelure et faire frire dans beaucoup d’huile. Saupoudrer au sortir de la cuisson de sucre semoule (certains ajoutent du sucre vanillé) et déguster. 

Je vous conseille toujours le Moscatel piémontais de nos amis Batasiolo mais un Tokai 5 puttonyos d'un bon millésime, un Sauternes ou du Muscat des Beaumes de Venise (goûtez celui du domaine de Coyeux, il est excellent) feront l'affaire.

Connaissez-vous la torta di mandorla ?

La tarte aux amandes telle qu’on la déguste à Venise est un dessert fabuleux pour lequel votre serviteur ferait des kilomètres. Quand j’étais étudiant, avec une amie, nous avions décidé de faire la tournée des pâtisseries et des bars de Venise et des alentours pour découvrir où se fabriquait la meilleure torta. Les vainqueurs ex-æquo furent, sans aucune hésitation, la pâtisserie Rosa Salva et un petit boulanger du Lido dont j’ai oublié le nom mais que je saurais retrouver en allant sur place, qui dépassait parfois, question de cuisson et de fraîcheur certainement, la vénérable maison du campo San Luca et de Zanipolo. Des recettes à base d’amandes, il y en a des milliers à travers le monde, mais je vous certifie que la torta di mandorla qu’on sert à Venise est un monument. Tramezzinimag est heureux de vous en communiquer la recette. Il s’agit en fait de notre recette de famille. La boulangère de la fondamenta delle Guglie appelait ce gâteau, la torta di marzapane. Voilà un nom qui sonne davantage XVIIIe vénitien. On dit que l’origine de ce dolce est la douce cité de Piacenza (Plaisance). 
....
Ingrédients : 6 œufs de taille moyenne, 300 grammes de sucre roux, 300 grammes d’amandes non pelées, 2 cuillères à soupe de farine type 00, ½ sachet de levure chimique ou 2 cuillères à café de baking powder, 1 sachet de sucre vanillé, un peu de sel, de la chapelure ou du pain dur réduit en miettes, du sucre glace. 
... 
Hacher finement les amandes. Battre les jaunes avec les sucres jusqu’à blanchir votre préparation, ajouter les amandes, la farine, la levure et le sel et mélanger finement le tout. Le résultat est paraît-il meilleur quand la pâte est mélangée à la main. Monter les blancs d’œufs à la neige avec un peu se sel et ajouter cet appareil à la préparation avec précaution d’abord au mixer puis à la cuillère. Il faut veiller à faire retomber le moins possible les blancs ajoutés en dernier. Beurrer les parois et le fonds d’un moule (il est recommandé de tapisser le fonds du moule de papier sulfurisé beurré), garnir les parois de chapelure et verser la pâte. Cuire à four moyen (180°) pendant 50 à 55 minutes. Pour éviter que le dessus de la tarte brunisse, poser en milieu de cuisson une feuille d’aluminium sur le moule. Le gâteau est cuit quand l’habituel couteau planté au milieu du gâteau ressort sec. Quand le gâteau est refroidi, garnir le dessus de sucre glace. 

Une variante consiste à faire une pâte sablée dans laquelle on intègre des amandes puis une fois ce fonds de tarte dressé on y verse l’appareil réalisé de la même manière que ci-dessus. Les pâtissiers vénitiens donnent à la tarte une forme allongée (moule à cake) ou font des tartelettes individuelles (le tour est lisse il ne faut donc pas utiliser de moules à tarte rainurés comme ceux qu’on utilise habituellement pour les tartes aux fruits). Le pâtissier du Lido dont je vous parlais donnait à ses tartes l’aspect d’un panier avec une anse en pâte sablée et Rosa Salva en faisait des ovales. 
Régalez-vous bien ! 

3 commentaires:

Anne a dit…
Merci pour cette recette!
Robert M a dit…
Une recette bien sympathique mais je ne sais ce qu'est une farine 00 ....
Lorenzo a dit…
Bonsoir Robert, Cette farine 00 est utilisée pour la pizza, les pâtes fraîches et les brioches. Elle est ce qu'on appelle une farine de force, alors que les farines habituelles du commerce (en général de type 55) sont des farines de panification qui demandent davantage de pétrissage. La farine que je recommande permet de faire de la vraie pâte à pizza et de délicieux gâteaux. On la trouve un peu partout depuis le succès des machines à pain familiales.

06 mai 2009

Une dernière promenade. Journal (extraits)

6 mai 1981
Revenir de Venise est à chaque fois plus difficile. La certitude que ma vie n'est que là, qu'ailleurs tout est simulation, faux-semblants et perte d'énergie. Ne penser qu'au retour.
.
7 mai 1981
C'est aujourd'hui. Irrémédiablement. Mes bagages attendent dans l'entrée. Il faut y aller. Regarder une dernière fois l'animation sur le grand canal du haut du pont des Scalzi en attendant l'heure de mon train. Voir Federico repartir avec la barque bleue. Son salut de la main, le vaporetto qui le croise et le cache à ma vue.
[...] Point de tristesse en fait puisque je sais que je reviendrai bientôt mais une immense lassitude. Pourquoi doit-on toujours partir, aller ailleurs, laisser ce qu'on a commencé et ne jamais rien finir vraiment ? Pour quelle raison pressante laisse-t-on ce qui nous rend heureux et nous apporte la plénitude ? La hantise du tombeau qui importune, pour paraphraser Patrice de la Tour du Pin ?
[...] Pourquoi ne pas s'installer sur un banc un jour, sous le soleil du matin, devant la porte d'une modeste demeure et ne plus jamais en bouger. N'avoir d'horizon que les façades des maisons de l'autre côté du campo et le campanile se détachant sous un ciel éclatant ?
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(dans le train) L'homme se déplace sans cesse, emportant avec lui à chaque voyage davantage de regrets et ne parvenant jamais à s'éloigner de lui-même... Le bonheur ne consiste-t-il pas finalement dans Ithaque ? "Si peu console"...
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(Écrit en écoutant Recuerdos de la Alhambra de Tarrega par John Williams)

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7 commentaires:

Anne a dit…
Vous avez écrit un très beau texte, mais Venise est en vous et vous l'emportez dans votre cœur jusqu'à votre retour vers elle.
Anonyme a dit…
Si "partir c'esr mourir un peu", combien de fois suis-je morte de tous ces départs ?
Mais quel bonheur de revenir ! de re-découvrir chaque fois, à la descente du train, ce pincement au coeur qui vous fait dire "me voici de retour chez moi".
Les larmes d'émotions me viennent aux yeux en l'écrivant.
Bonheur de partager cette émotion.
Merci à Lorenzo et à tous les amoureux de la sublime Reine des Mers. Gabriella
Vichka a dit…
Partir quand même et revenir, bien sûr.... On ne peut pas quitter la beauté quand elle   s’appelle   "Venise" et Lorenzo, vous la portez en vous, c'est indéniable! Je suis d'accord avec Anne. A bientôt
Michelaise a dit…
Et combien de fois êtes-vous revenu Lorenzo ? Et combien de fois y reviendrez-vous encore ? C'est ainsi la passion !
FRANCOIS a dit…
C'est toujours une énorme émotion lorsqu'on quitte VENISE...on a le sentiment de laisser sa bien-aimée...on souffre de la solitude soudain,la nostalgie nous envahit et on n'a plus qu'une envie revenir au plus vite car on ne peut pas rester sans elle même si loin d'elle on l'ait toujours au fond de son ëtre,on a besoin d'elle en vrai pour vivre en vrai....VENISE ne signifie-t-il pas littéralemnt "reviens".......
"Les Idées Heureuses" a dit…
L’homme est chagrin…Toutes ces émotions à contenir.
Regret de l’ultime journée, si ensoleillée, si souriante…
Ventre qui se crispe, pincement cruel dû au futur éloignement; les volets sans doute bien fermés, la porte est tirée, verrouillée, aucune raison, aucun oubli pour faire marche arrière, se réinstaller comme à l’arrivée, il y a bien plus d’un mois …
Mais il faut y aller.
A chaque départ, c’est plus terrible, cela ne va pas le quitter de si tôt : les dentelles de pierres aux couleurs passées se reflètent une dernière fois dans sa vision qui se veut claire pour ne pas s’embuer de la pluie du chagrin, elles se pâment avec volupté dans ces entrelacs de mirages colorés, froissés par le balancement des gondoles amarrées ici et là, le souffle léger venu de la mer ou des îles voisines ; l’eau tranquille, elle, ne connait pas les regrets, elle n’est là que pour bercer l’âme des poètes.
Le son des cloches, soprani en puissance, ne réveillera plus ses pensées, à midi ou en fin de journée.
Le brouhaha du Grand Canal ne le fera plus s’échapper vers les quartiers calmes et silencieux, où, à son propre rythme, chaque pas le dirige vers une destination hasardeuse, réinventant ainsi une nouvelle fois un parcours oublié… sotoportego, calle, campo, puits ne seront plus qu’image floue, la sensation froide de la pierre disparaissant de la mémoire du toucher…
Lecteur assidu, que ne feras-tu pour adoucir sa peine du moment, lui qui t’a donné tant et tant par les mots écrits, les images partagées, les impressions retrouvées, quel cadeau peux-tu lui offrir pour qu’il retrouve son élan, et n’ait plus de peine au cœur ?
Lui faire savoir que cette émotion du départ, nous la connaissons, et nous la partageons, nous tous amoureux de Venezia, notre bien aimée, lui dire que la vie est ainsi faite de séparations, d’éloignement, moyens inventés par l’humain pour affirmer volonté et désir du retour ; qu’un jour ou l’autre, avec certitude, nous nous y croiserons sans doute, sans nous reconnaitre, peu importe…
Anonyme a dit…
Ces quelques passages de carnets oubliés, ont des accents de Chateaubriand. Tout simplement, magnifiques! Merci!

14 avril 2009

Certains appellent cela de l'art...


Nous l'avons déjà évoqué il y a quelques mois, ce que certains ont baptisé (pompeusement) le "street art" a aussi envahi les murs de la Sérénissime. Comme si certains jugeaient qu'il fallait mettre Venise au même rang de laideur que les autres métropoles de notre civilisation malade.
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Après New York, Berlin, Londres, Marseille, Paris et Tokyo, voilà les murs - et les monuments - de la cité des doges souillés par des graffitis le plus souvent informes et hideux qui font indubitablement penser à la manière dont les chiens et les chats mâles - souvent en rut - marquent leur territoire. Une amie me faisant remarquer que, sauf erreur, les "taggeurs" ne sont jamais des filles mais bien seulement des mâles désireux de marquer leur présence. Certainement pour exorciser les manques dans leur vie et la pauvreté de leur existence quotidienne. Mais ne polémiquons pas. N'ironisons pas non plus...
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Parfois, des tags peuvent être de parfaites réussites artistiques. Hélas, pour un Hervé di Rosa, un Combas ou un Keith Haring, combien d'horreurs sont répandues sur les murs de Venise. Et sur les précieux marbres des monuments déjà endoloris par la pollution, le sel et les déprédations des pigeons et des touristes (à force d'uriner sur certains angles de la basilique San Marco, les milliers de touristes qui y ont assouvis leur besoin pressant, sont parvenus à faire fondre littéralement la pierre d'Istrie pourtant résistante...). ..
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Mr A (A pour André, tagueur bien de chez nous) qui a sévi à Venise comme dans des tas d'autres lieux dans le monde laisse le plus souvent des figures pleines d'humour, toujours reconnaissables au "X" à la place d'un œil qui marque les visages de ses personnages. A ma connaissance, ses créations respectent les sculptures et les marbres et ont plus d'une fois embelli des parcelles de murs bien tristes. Depuis toujours apparaissent aussi de petits pochoirs humoristiques ou des œuvres répétées à la photocopieuse, collées ensuite sur des itinéraires précis. Tous ces travaux, même à sujets spécieux inventés pour susciter la polémique, sont des créations éphémères et c'est ce qui en fait leur charme.
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Mais les gribouillages immondes qui rendent les murs des églises et des palais aussi laids que les hangars abandonnés et pouilleux des friches industrielles milanaises ou moscovites, ces infâmes chiures (pardonnez cet écart de langage !) qui défigurent les trains de banlieues et les rames de métro, ceux-là sont de trop ici et ne peuvent être tolérés.
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Pour la simple raison que poser l’œil sur eux est une injure à la beauté de Venise. Un dénigrement absolu, la preuve d'un mépris pour ce qui est beau et le restera bien après la disparition de ces pseudo-artistes adeptes de la peinture en bombe. C'est peut-être l'odeur qui se dégage de ces aérosols qui les stimulent. Une drogue de plus pour leur faire oublier la misérable vacuité de leur vie. Quand Giorgione, Titien ou, plus près de nous, Ferruzzi couvraient les murs de Venise avec leurs fresques, ils exprimaient leur foi, leur amour du beau, leur sens de l'harmonie et de la couleur. Ils ne vomissaient certainement pas du mal-être ni de la vulgarité. Leur art était un hommage à la beauté, à l'esthétique et à Venise !

10 commentaires:
Gérard a dit…

L'art pictural n'a rien à voir avec ces cochonneries . Un art majeur nécessite , un peu comme l'artisanat et la haute agriculture ( 2 termes qui prennent à leur compte à la fois l'art et la culture ) , un apprentissage rigoureux , un effort tendu vers la production , le sens des saisons . Le rythme . Et un don . Ces déjections misérables sont souvent à la hauteur des personnages qui salissent scandaleusement des murs dont ils ne sont pas les propriétaires et ne font que rajouter à la laideur d'un monde hypnotisé par ces soi-disant inventions culturelles admirées , et en faillite . Personne n'y échappe , mais il faudra y mettre un jour un terme . Quelle saleté !

Michelaise a dit…

Oui, c'est agressif, ça manque totalement d'humour et cela s'impose avec une telle arrogance qu'on en est ulcéré. En effet, quand ces tags "ornent" des murs lépreux ou des barrières de chantier, on trouve qu'ils sont supportables, mais quand ils défigurent des monuments ou plus simplement des façades de maisons particulières, parfois juste repeintes (et ce type de travaux coûte fort cher) c'est révoltant. C'est une atteinte au patrimoine, voire à la propriété privée. On a du mal à imaginer Venise devenant la proie des tagueurs.

Marie G a dit…

Oui c'est odieux! toutes les villes du monde sont défigurées sans compter les campagnes, le moindre rocher leur servant de cible... je ne comprends pas comment personne ne réagit. Cette apathie est paradoxale. Mais comment faire? Interdire les bombes de peinture? multiplier les policiers la nuit? Je penche plutôt pour l'éducation dès le plus jeune âge à la belle musique, l'art vrai, le respect de la belle architecture, la culture, quoi, enfin! Mais qui pense encore à la "culture" en ce bas monde? L'enseignement est en chute libre... la presse est bourrée de fautes d'orthographe... à Bruxelles le palais des Beaux-Arts a été rebaptisé "Bozart" et tout le monde rigole! J'hésite chaque matin entre devenir ermite ou m'exiler en quelqu'île déserte... mais le travail m'appelle. ah quelle misère.

Marie a dit…

Lors de mon dernier séjour en mars j'ai eu l'impression que ces cochonneries s'étaient développées - ou est-ce que je l'avais moins remarqué avant toute dans l'envoûtement que j'étais?- depuis le séjour précédent. C'est une horreur et rien à voir avec une expression picturale ( le graph , au grand jour et dans des espaces réservés possède une certaine valeur artistique), c'est du pipi de chien! Mais comment lutter contre ça? C'est de l'ordre de l'incivilité mondiale, de l'irrespect de la beauté jalousée, du laisser-aller à la bestialité... Pauvre monde et pauvre Venise.
Et pourtant les murs de Venise ont une vie propre, leurs couleurs, leur passé imprimé. J'ai commencé à les regarder de très près avec mon objectif et je commence à découvrir leurs mystères.
Une consolation.

Tietie007 a dit…

Mouais, le Street Art peut aussi défigurer un paysage urbain ! Nous revenons de Rome, et le centre historique est défiguré par les tags !

Petite Fée a dit…

C'est vraiment triste que les murs de cette belle Venise soient maculés de ces tags! quand c'est dans un endroit réservé à cet effet, ça ne me dérange mais quand c'est fait sur de magnifiques battisses ou des monuments historiques, ça me dégoute !

Thierry a dit…

Passionnant de lire nos commentaires furieux d'il y a quelques mois, y compris sous la plume de notre élégant Lorenzo, qui y va de son "écart de langage", c'est dire...

Mais nous les bobos, ne savons guère joindre les actes aux belle paroles! Qu'auraient fait les illustres et combatifs Vénitiens d'autrefois, sinon pendre par les c...ces iconoclastes, aussi grossiers qu'incultes, venus faire sous eux, jusque dans la plus belle cité du monde (ne doutez pas qu'il s'agit d'une véritable guerre de civilisation): oûtre une forte amende, dont ils se souviendraient toujours, tels les petits chats auxquels on apprend à faire dans leur bac, par quelque tape judicieusement administrée, ils auraient certainement exposé ces vils "taggeurs" à la vindicte publique, parqués dans un coin puant et à demi-nus, voués à la risée et au mépris des passants, pour leur bêtise et leur vulgarité impardonnables.

Non, pour l'heure, comme le dit si bien Marie G, personne ne réagit...pire...ne sont-ils pas presque encouragés...?

albu93 a dit…

D'accord pour dire ques ces tags sont insupportables. Mais sincèrement, lors de ma dernière visite à Venise, j'ai eu aussi beaucoup de mal à supporter la "pub bleu métalisée" recouvrant en grande partie le palais et le pont des soupirs ! Que pensent les vénitiens de ce genre de dégradations !

Alain.

kate.rene a dit…

À Venise, et à certains endroits c'est indécent. À New York, à L.A. c'est beau. La biennale a peut-être inspiré les aspirants-artistes. La roue tourne...
Ce que dit Albu93 en revanche est plus que vrai. La pub du pont des soupirs me choque plus que ces quelques tags pas encore trop envahissants. Et cette pub est légale, lucrative certainement et tellement durable... Il me semble qu'il y a des années qu'elle m'aveugle

Lorenzo a dit…

Vous avez raison. Mais je me dis souvent que Venise ayant été de tout en temps une sorte de laboratoire, montre à chaque fois pour le positif mais aussi le négatif, ce qui ensuite se répand dans le monde. Sans vouloir faire le grincheux réactionnaire (comme me qualifient certains lecteurs)j'ai la conviction que ces deux exemples d'enlaidissement d'un des plus beaux lieux vivants de l'univers montre l'appauvrissement de nos valeurs et l'amorce d'une décadence de la civilisation. N'a-t-on pas dans la littérature des années qui précédèrent l'arrivée des barbares et l'écroulement de Rome des témoignages sur les graffitis obscènes et désespérés qui couvraient les murs des villes, des voyous qui dégradaient les monuments ? Je m'interroge sur le parallèle entre ces graffitis miteux et moches et les coûteuses publicités qui recouvrent les façades. Laideur spontanée et laideur organisée...