Accéder au contenu principal

Gourmandises de chandeleur

Début de semaine bien maussade. Le chat l'avait annoncé en se léchant avec ostentation derrière l'oreille. Le temps s'est radouci mais le ciel est bien gris. Hier il neigeait mais cela n'a pas tenu. 
 
A Montréal, Margot, ma fille aînée, avec qui nous communiquons par Skype, nous parle des rues enneigées et du ciel bleu. Ici c'est plutôt dans les gammes de gris qu'il faut chercher la couleur du ciel... Il va certainement pleuvoir aujourd'hui. De quoi avoir des envies de cuisine et de farniente pour prolonger encore une peu la douceur paresseuse de ce dimanche. Et puis c'est la Chandeleur, la "fête des chandelles". Nous allumerons une bougie ce soir qui brûlera à la fenêtre, rite de purification vieux comme le monde, puisque les païens déjà avaient le même rite. Parfois on pratique encore dans certaines paroisses du Frioul, la vieille tradition qui consiste à enlever la statue de la vierge ce jour là où elle est remplacée par un bouquet de perce-neiges, symbole du retour du printemps. Les vénitiens vont se régaler de fritole, mais pour la famille, pas de dérogation : c'est le jour des crêpes que les enfants dégusteront chaudes avec du sucre vanillé maison. 

J'ai préparé la pâte ce matin de bonne heure, sous le regard attentif de Mitsou qui passe de plus en plus de temps dans la cuisine, observant le moindre de mes gestes et surveillant du coin de l’œil le hamster nain qui vaque à ses petites occupations dans sa cage. Un moineau s'est aventuré deux minutes derrière la vitre pour picorer des miettes. Le chat en aurait bien fait son déjeuner. Les crêpes sont délicieuses et je me retiens de ne pas les manger au fur et à mesure. Entassées les unes sur les autres dans une assiette au-dessus d'une casserole d'eau, elles vont attendre le retour des enfants. 

Hier nous avons fait un gâteau de saison, recette familiale notée dans notre livre de recettes maison comme gâteau vénitien. En voici la recette (elle est peu détaillée, mais c'est vraiment facile à réaliser) : 

Mélanger dans une terrine 250g de farine, 125 g de sucre en poudre (roux), 125 g de beurre avec 1 oeuf. Garnir une tourtière avec la moitié de la pâte obtenue, recouvrir d'une couche de confiture (nous utilisons soit de la confiture d'abricot soit de la fraise, mais c'est bon avec toutes sortes de confitures) et recouvrir de l'autre moitié de pâte. Faire cuire à four moyen une vingtaine de minutes. Démouler et servir quand il est refroidi. 

Délicieux avec un verre de spumante ou un Passito, merveilleux vin de glace du Piémont, comme le précieux Moscatel Tardì de la maison Batasiolo que je recommande toujours chaleureusement. Le gâteau accompagne très bien aussi une tasse de thé, un chocolat chaud ou un bon café au lait. 

Les crêpes légères de Babou (surnom donné par les enfants à leur grand-mère - qui fêterait cette année ses 89 ans) : 

Il faut 150 g de farine, 50 g de maïzena ou de fécule, 1 pincée de sel, 1/2 sachet de levure ou 1 (petite) cuillère à café de Baking powder (ou un 1/2 sachet de levure chimique), 3 cuillères à soupe d'huile ou de beurre fondu, 1 verre d'eau fraîche, 1 verre de lait entier, 4 œufs, 4 cuillères à soupe de rhum ou de Grand-Marnier (une de mes tantes met du Cointreau), 2 cuillères à soupe bien pleines de sucre en poudre, 1 sachet de sucre vanillé, 1 zeste de citron.

Dans une terrine, mélanger farine, Maïzena ou fécule, sucres, sel, levure. Ajouter l'huile ou le beurre fondu, puis les œufs un à un. Délayer peu à peu avec l'eau et le lait. Ajouter le rhum et le zeste de citron. Laisser reposer au moins une heure. Dans une poêle chaude préalablement huilée (j'utilise un coton piqué sur une fourchette, c'est pratique), mettre une petite quantité de pâte pour réaliser des crêpes très fines. Bonne fête ! 


________

3 commentaires d'origine : (archives Google)

anita a dit… ....
chinoiseries félines ... anita 
02 février, 2009 
...................................................................................................................................................
Lorenzo a dit… 
il adore ça, c'est un vrai cabotin. 
03 février, 2009 
...................................................................................................................................................
 anita a dit… 
...il est vrai que pour un chat : être un cabot est une sorte de défi !!! anita 
04 février, 2009 
...................................................................................................................................................

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La vérité sur la mort de Pateh, le jeune gambien qui s'est noyé à Venise

Depuis sa création en 2005, Tramezzinimag a choisi de consacrer ses pages uniquement à Venise, à ses habitants, à la vie vénitienne. Sa civilisation, son histoire, ses problèmes actuels... "Tout ce qui est Venise est nôtre". Nous avons toujours pensé - et écrit - que ce qui touche à Venise a forcément un retentissement partout ailleurs dans le monde. Même réduite à une bourgade de province, assimilée de plus en plus à un parc d'attraction que certains touristes pensent doté d'horaires d'ouverture et de fermeture, Venise n'en demeure pas moins un laboratoire. Qu'il s'agisse de l'environnement, de l'organisation de la cité, les solutions qu'elle trouve pour demain comme celles qu'elle inventa autrefois, méritent que les responsables des grandes cités modernes s'y intéressent. Cependant, passée la colère qui fut la nôtre face au référendum sur la constitution européenne, l'attitude des politiques et celle des journalistes criant a…

Mériter Venise ou l'éloge de la Lenteur

TraMeZziniMag défend depuis sa création en 2005, la même conception du voyage et par conséquent du voyage à Venise. Nous sommes de ceux qui privilégient le temps et font leurs délices de la lenteur. Nous sommes convaincus que Venise se mérite, qu'il faut beaucoup de temps pour vraiment appréhender ce qu'elle est vraiment. Mais le temps, prendre le temps, avoir le temps, tout cela est un luxe aujourd'hui. Du moins, c'est ce qu'on cherche à nous faire croire. Nous sommes tous devenus des gens pressés - les parisiens surtout...
.. Le vrai tempo de VeniseLe temps nous fait peur finalement. Le perdre, ne pas en avoir assez... Autant d'alibis pour cacher l'angoisse humaine face à la conscience de n'être jamais que de passage. Mais nous avons le choix. Laisser cette angoisse s'emparer de notre vie au quotidien et courir, courir sans cesse ou bien le prendre, ce temps, comme il vient, comme il va et l'apprivoiser. Le voyage peut devenir notre allié et nou…

Caigo fisso : la poésie du brouillard vénitien

Il faut l'avoir vécu pour vraiment se faire une idée vraie de la vie à Venise, cet hiver vénitien qui peut se faire rude. Pluie, neige, froidure et humidité sont monnaie courante. Mais le plus caractéristique de la Venezia d'Inverno (Venise en hiver) reste le brouillard quand il se répand sur la lagune et se faufile partout dans la ville lui donnant un aspect onirique encore plus marqué qu'aux beaux jours que fréquentent les touristes. 
Le brouillard transforme notre manière de considérer l'espace, il pacifie les pensées ou les densifie. Le corps avance dans cette atmosphère magique et cotonneuse comme dans un rêve. Et le silence, le silence épaissi par la brume descendue des nuées. Il faut avoir lentement glissé en barque au milieu des eaux de la lagune, là où il n'y a plus d'éclairage, où les seuls repères, bricole et paline surgissent subitement et s'estompent aussitôt comme autant de fantômes plaisantins. Dans ces moments magiques, le seul bruit qui nous…

Dans Venise la rouge, il y a toujours des choses qui bougent...

La nouvelle était tombée en mars 2015 et tous les défenseurs du patrimoine vénitien, les associations de protection de la ville soufflèrent : l'ex Teatro Italia, fleuron de l'art Liberty néo-gothique vénitien ne deviendrait jamais un énième supermarché. Du moins c'est ce qu'exprimaient les tenants de l'opération à la presse qui en fit ses gros titres. Tramezzinimag s'était réjoui alors de savoir ce local superbe, récemment encore utilisé par l'université de Venise comme salle de conférence et de cours magistraux, ancien théâtre et cinéma ayant fini sa carrière culturelle dans la catégorie à luce rossa (cinéma pornographique mais où fut diffusé aussi des films en première vision comme KingKong en 1976 et Batman en 1979). Protégé, le bâtiment construit dans les années 1910, ne pouvait être transformé, la façade, les fresques intérieures, l'organisation des salles, les ouvertures, tout devait demeurer comme l'avait conçu les architectes...Plus d'un…

Gourmandises vénitiennes

Les fins d'années sont comme des fins de cycle, on ressent souvent le besoin de faire un grand nettoyage. Autour de soi, dans les placards, les tiroirs et les cartons entassés dans les armoires. Dans sa tête aussi. Cela va de pair. Votre serviteur, se retrouvant dans l'obligation de vider un magazzino où s'entassent depuis des années un fourbis de caisses et de malles, partage désormais son temps entre l'écriture et l'archéologie domestique. Parfois une trouvaille fait basculer l'âme dans un monde disparu, parmi les souvenirs enfouis qui rejaillissent soudain, frais comme s'ils naissaient entre nos mains. C'est d'un de ces petits bonheurs que m'est venue ce matin l'idée de ce billet gourmand. Dans un carton fatigué, une liasse de vieilles lettres. Millésime 1885 à 1892 - un autre monde - quelques carnets, un petit album de photographies, d'autres riens dans une boite de carton bouilli. Et dans cette boite un tout petit cahier joliment re…